jeudi 26 février 2009 par Lulu

Sur son scooter doré

Depuis qu'on est arrivé à Brisbane, la question du transport est toujours autant d'actualité. La ville n'ayant que 150 ans et étant très étendue, elle s'est essentiellement développée avec la Voiture. Avec ses bonnes habitudes de Grenoblois, Gyom a quand même essayer d'aller à son travail à vélo. Mais avec les chaleurs, la moiteur et ses 50 minutes de trajet, il a jeté l'éponge au début de l'été (en décembre, quoi).

En citoyen du monde, il s'est dit qu'il allait reprendre les bus et ses 30 minutes de trajet : "je pourrai faire ma correspondance, lire un bouquin..." Mais si transports en commun sont nombreux ils sont aussi complètement tributaires du reste du traffic. Ce qui fait que quand il y a un bouchon en centre ville, cela se répercute partout: Gyom bosse vraiment loin en rase campagne et il lui est arrivé d'attendre 3/4 d'heure un bus...

Parce qu'on était toujours pas décidé à acheter une voiture, (on en a pas vraiment besoin avec le système d'auto-partage et ses voitures automatique-climatisées). Gyom a continué de chercher et a creusé l'idée judicieusement suggérée par Janine (la maman de Gyom) d'essayer avec un scooter ! Après des études comparatives sur le net, un temps de réflexion pour une location test ou un achat direct, Gyom a commencé à surfer sur E-bay (pour les non internophiles, c'est un site d'achat de particulier à particulier très populaire partout dans le monde). Finalement, il a jeté son dévolu sur ce magnifique scooter orange et blanc.


La première fois que j'ai eu le "droit" de l'utiliser, c'était aussi la première fois que j'en faisais tout court... et je dois dire que j'aime bien, parce que c'est tranquille (60km/h au plus vite) et vraiment reposant dans les montées. Son seul inconvénient est quand on veut le garer: en tong c'est pas facile! En tout cas, maintenant Gyom met 20 minutes pour aller bosser, et regardez comme il est content:


Pour ce qui est du reste de notre vie, on continue nos BBQ-piscine ou plage les week ends. Il faut savoir que dans la plupart des immeubles récents, il y a systématiquement une salle de sport, un BBQ et une piscine. Après, certains de nos copains ont aussi droit au court de tennis et au jacuzzi et ils ont la bonne idée de nous en faire profiter...

mardi 10 février 2009 par Gyom

Le feu ça brûle, et l'eau ça mouille

Je suppose que vous en avez entendu parler dans l'actualité, mais je pense qu'on se doit quand même de faire un billet sur le sujet. Sachez donc que ces temps-ci, l'Australie est sous le coup de non pas une mais deux catastrophes naturelles absolument gigantesques. Au sud, dans le Victoria vers Melbourne, la chaleur est telle (plus de 45 degrés) que d'immenses incendies se sont déclarés, tuant pour l'instant près de 200 personnes et détruisant une surface équivalente à celle de la Savoie. La chaleur cause aussi de nombreuses pannes d'électricité géantes à cause des climatiseurs qui tournent en sur-régime. Pendant ce temps là, le nord du Queensland est sous les eaux après les pluies torrentielles qui ont fait suite à plusieurs cyclones. toutes les rivières ont débordé, et dans certains coins les crocodiles en profitent pour infester les villes. En termes de surface, les deux tiers de l'état sont submergés (soit deux fois la surface de la France). Bien sûr, il n'y a pas de la population partout, mais comme toutes les routes sont coupées, le gouvernement a dû affréter des cargos chargés de nourriture pour aller approvisionner les grandes villes du nord en urgence.

Je tiens à rassurer tous nos lecteurs : à Brisbane, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien...

Je vous laisse avec quelques images piochées sur le site de la télé australienne. Je vous invite à aller y faire un tour, c'est édifiant.






vendredi 6 février 2009 par Lulu

Potter Mania

Depuis Noël, il se passe un phénomène étrange à la maison et la raison n'est autre que:


Suite à mon enthousiasme devant la lecture du 1er tome de "Harry Potter" en anglais, Gyom m'a offert la collection. Il faut dire que j'étais déjà fan en France et que connaitre l'histoire me facilite grandement les choses pour comprendre...

Gyom n'ayant rien à lire dans le trajet de retour de la Tasmanie, a commencé à lire le 1er tome. Une chose en amenant une autre, il dévoré le second et commençait à me mettre la pression pour pouvoir attaquer le 3 ème... Après une petite discussion, j'ai réussi à le convaincre que ça ne me dérange pas qu'il lise avant moi les bouquins surtout en sachant qu'il y ferait attention. Ce qui est drôle, c'est qu'il était très septique au début et que maintenant qu'il est au milieu de "l'Ordre du Phénix" (5ème tome) Gyom ne jure que par ça.

Ce qui fait qu'en ce moment, on est aussi obsédé l'un que l'autre par le fait de lire et on y consacre tout notre temps quite à prendre un sérieux retard pour toutes ces choses futiles : faire les courses, la vaisselle, le linge,des billets pour le blog, l'administratif...
Nos soirées sont très lecture et on doit faire un gros effort pour poser les bouquins à des heures raisonnables. Gyom m'a annoncé tout fier ce matin qu'il avait (réussi) à arrêter de lire à minuit!

Je vous laisse, il faut que j'y retourne, "Goblet of Fire" ou la Coupe de Feu m'appelle.

jeudi 5 février 2009 par Gyom

Les Vacances en Tasmanie: partie 2

Résumé de l'épisode précédent: Fuyant les grandes chaleurs, Gyom et Lucie passent leurs vacances de Noël en Tasmanie.

Après ces quelques jours bien remplis à visiter la Tasman Peninsula, on a mis le cap au Nord pour explorer la côte Est.

Sur le chemin, on a pris un raccourci par le Wielangta Forest Drive, une route en terre de 40 km qui fait le lien entre deux "villes moyennes" (environ 300 hab. chacune). En effet, la Tasmanie est tellement peu dense (imaginez le département de la Savoie, étiré sur la taille de la moitié de la France) qu'il n'y a pas beaucoup de routes, et qu'une bonne partie d'entre-elles ne sont pas goudronnées. Celle-ci traverse une réserve de rainforest, que le lobby éccolo essaye de protéger de la destruction par l'industrie forestière.

Après cette incursion exotique au milieu des eucalyptus de 50m de haut, nous voilà pour quelques jours à Swansea, une mégalopole de 450 habitants. Pour l'anecdote, sachez que si jamais vous passez dans le coin, il ne faut sous aucun prétexte rater le backpackers de Swansea. Contrairement à tous les autres backpackers hostels qu'on a pu voir en Tasmanie et ailleurs, celui-ci n'était pas un vieux bâtiment crasseux et accueillant, peuplé de jeunes fêtards sans le sou. Celui-ci est flambant neuf, construit au milieu de nulle part en périphérie du village, tout y est absolument propre et sans âme comme dans un vieux film de science-fiction.

(d'autres images )

Intégralement meublé Ikea, beaucoup trop grand pour le nombre de gens, et continuellement hanté par la réceptionniste-propriétaire, une vieille fille maniaque passant ses journées à faire et refaire le ménage, c'était vraiment un endroit irréel. À vrai dire, notre meilleure hypothèse était que la madame a du récemment gagner à la loterie, ou recevoir un immense héritage, et que ne sachant quoi en faire elle a ouvert ce backpackers dans son village natal.

Bref. Swansea a surtout l'avantage d'être située juste entre les deux attractions majeures de la côte Est : la péninsule de Freycinet et Maria Island, deux parcs naturels fort réputés pour leurs paysages magnifiques. Et cette réputation est méritée !

En Tasmanie, pour entrer dans un parc naturel, il faut non seulement acheter un pass au prix symbolique, mais surtout s'inscrire sur le "registre randonneurs" avant chaque balade, avec itinéraire, heure probable de retour et signature. En effet, avec tous les risaques d'incendie, on ne rigole pas avec la sécurité ! Il faut dire que la péninsule fait plus de vingt kilomètres de long, sans routes, et qu'ont peut facilement y faire des randonnées de plusieurs jours, voire une semaine.

Nous on s'est contenté de la balade "grand public", à la journée, qui s'est avérée suivre un chemin large et facile, avec des certains endroits tellement aménagés qu'on aurait dit un parc d'attractions. Cela dit, les alentours étaient fort agréables :



Et encore, on n'avait rien vu. On est arrivé au col peu après, d'où la vue sur Wineglass Bay est imprenable. Plutôt que de vous raconter le reste de la balade, je crois que je vais laisser les images parler d'elles-mêmes :




Le lendemain, on a mis le cap vers un second parc naturel, aux paysages peut-êtres moins spectaculaires mais à la nature mieux protégée. En effet, comme son nom l'indique Maria Island n'est accessible que par un ferry, avec seulement deux voyages par jour (l'un le matin, l'autre le soir) et les places sont comptées. Effectivement, après la dispersion des passager du ferry, on n'a pratiquement croisé personne de la journée.


Plus à l'intérieur de l'île, on a traversé de grandes étendues de rainforest, qui ce jour-là portaient bien leur nom. Tout l'après-midi, on a eu successivement de la pluie (à verse) et du soleil (de plomb), et on était réellement obligés de garder les capes de pluie ET de mettre de la crème solaire.


En tous cas, on a vu beaucoup plus de nature qu'à Freycinet, notamment des animaux en liberté. Kangourous, wallabies, et wombats broutent en paix à deux pas du sentier. Petit cours de sciences naturelles: le wallaby, c'est un peu comme un kangourou, mais en plus petit (disons, gros comme une chèvre). Et le wombat, lui aussi un marsupial, ressemble plutôt à une marmotte géante (imaginez une marmotte de trente kilos !)


On a même vu un serpent qui traversait le chemin deux mètres devant nous (et un vachement venimeux, évidemment) mais on n'a pas eu le temps de le prendre en photo. Le pauvre, il a eu aussi peur que moi !

Une dernière photo de Maria Island : les painted cliffs, qu'on a vues littérallement passer de "grisâtres et quelconques" à "dorées et magnifiques“ lorsqu'un rayon de soleil a dispersé les nuages de pluie.


Le jour suivant était déjà le 31 décembre, et on a donc repris le chemin de Hobart, histoire de ne pas rater l'arrivée de 2009 et son feu d'artifice.

Il nous reste à vous raconter ce qu'on a fait après la nouvelle année, mais ce sera pour un nouveau billet !

vendredi 30 janvier 2009 par Lulu

Australia Day

Ici-bas, le 26 janvier est un jour férié, puisqu'on y célèbre Australia Day, la fête nationale. Il a été choisi en commémoration de l'arrivée de la première flotte anglaise à Sydney et de l'établissement de la colonie. Pour faire un peu d'histoire, Sydney était avant tout un bagne avec aussi quelques colons qui dès le début se sont senti supérieurs aux indigènes. C'est donc un jour noir pour les Aborigènes et il y a une grosse controverse à ce sujet.

A Brisbane, c'est surtout très bonne occasion de faire un barbecue, de faire la fête, et pour nous de découvrir comment les Australiens fêtent leur jour national. Tout le monde dans la rue a un drapeau national quelque part et ça va du petit fanion donné par tous les magasins aux capes, pantalons, aux décalcomanies, aux maillots de bain...
Ca donne des trucs parfois extrêmes mais auquels on s'habitue à force d'en voir à la fin de la journée. Voici une ado dans une tenue très typique.

Après avoir fait une petite balade dans un South Bank bondé, on a assisté à une petite séance de cricket en famille. Ici ce sport est beaucoup plus populaire que le soccer (le football de chez nous) et avec les règles simplifiées tout le monde peut y jouer.

On est en suite aller au Story Bridge Hotel qui est depuis 28 ans organise des festivités. Après avoir du montrer notre carte d'identité (comme d'habitude dès on veut aller dans un endroit où il y a de l'alcool) on a pu entrer et s'acheter une bière. On fait un petit tour de l'endroit et je dois dire que l'ambiance générale était assez survoltée. Peut être parce qu'il n'y avait que des adultes, mais on a vu une autre face de l'Australie, que voici en image.


On est ensuite aller voir des Cockroach Races: des courses de cafards complètement hallucinantes, et la vidéo (cliquer sur le lien en bleu) est ce que j'ai trouvé de plus représentatif.

En attendant les copains, on a passé un moment à regarder la Dunking Machine. Sous prétexte de récolter des fonds pour une bonne cause, c'est en faite une machine à T shirt mouillé.

Bon là c'est un exemplaire masculin en drapeau national, mais j'ai aussi trouvé une petite vidéo. Celle ci est très policée et en deça de la réalité, parce que plus de la moitié des filles qui montaient sur la plateforme finissaient par enlever le haut...

Je dois juste rajouter que ici les feux d'artifice sont accompagnée de la musique du résultat du Hottest 100 sur Triple J. C'est une sorte de classement des tubes australiens où les gens sont invités à voter: tout le monde écoute donc la radio à fond ce jour là et les 10 meilleurs étant repassé pour le firework de la ville.

photo

C'était une super journée et promis, on essaye de pas oublier l'appareil photo la prochaine fois.

mardi 20 janvier 2009 par Lulu

Le ciel, le soleil, et la mer...

Une petite interruption dans l'histoire de nos vacances pour vous parler un peu du sport national Australien: j'ai nommé, la plage. Eh oui, ici c'est l'été, et quand il fait 35 degrés à l'ombre, rien de tel pour se rafraîchir un peu que de piquer une tête dans les vagues ou d'apprécier une petite brise océane. On en profite donc à peu près tous les week-ends, surtout que maintenant on est équipé de nos t-shirts des mers qui nous protègent contre les mauvais rayons du soleil (mais qui hélas n'épargnent pas de mettre de la crème sur le reste du corps).

Il y a 2 semaines, on est donc allés à Miami Beach (oui, oui), une gentille plage familiale avec sa compétition de surf et une petite réserve naturelle. C'est bien agréable d'avoir des arbres pour faire de l'ombre aux heures les plus chaudes.

On avait une vue dégagée sur Surfers Paradise, avec notre plage préférée et ses buildings que vous voyez tout au fond.
Gyom a testé son cadeau de Noël, une jolie planche de body-board taille 45 (la plus grande). Il se trouve que Marc, notre voisin du dessous (et pour ceux qui ne suivent pas, un collègue de Gyom) a eu le même cadeau de la part de sa copine. Nous nous sommes retrouvé à partir tous les quatre. Voilà nos 2 protagonistes au milieu des vagues :
Et voici Gyom à l'assaut d'une wave :

Moi j'étais complètement rassurée, parce que même si les vagues pouvaient atteindre plus de 2 mètres, il y avait les beaux secouristes (avec un look ridicule, mais supermusclé) prêts à venir nous sauver :
Et voici aussi tous les deux, en tenue typique de plage, c'est à dire tout habillés et le visage blanchi par la crème-qui-tient-4h-dans-l'eau.


Et ce week end, on a remis ça en allant à Birbie Island, une autre plage cette fois-ci au nord de Brisbane. Juste le jour d'avant, on avait acheté un deuxième body-board plus à ma taille, et je me suis amusée toute l'après-midi dans l'eau. Bon j'avoue que j'ai eu une petite frayeur à un moment, quand j'ai vu une dizaine d'ailerons à 15 mètres de la plage avec Gyom pas loin (surtout avec toutes ces histoires d'attaques de requins en ce moment) mais à bien y regarder, on en a conclu que c'étaient de magnifiques dauphins qui venaient nous faire coucou. Ça, c'était vraiment le clou de la journée !

samedi 17 janvier 2009 par Lulu

Les Vacances en Tasmanie: partie 1

Bonne année ! Bonne santé !

J'espère que vous avez tous passé de bonnes fêtes. Nous, on a profité des vacances pour aller passer dix jours au frais, en Tasmanie. La plupart d'entre vous doit déjà être au courant, parce qu'on a envoyé plus de 50 cartes postales ! Si vous n'en avez pas eu, laissez-nous donc votre adresse dans un commentaire... pour nos prochaines vacances !

La Tasmanie est un peu la Corse des Australiens: peu de population, des paysages magnifiques, de gros problèmes avec le feu et un certain chauvinisme (réciproque) vis à vis du continent. Nos vacances, en tous cas, ont été un véritable enchantement, et il y a beaucoup à raconter même si elles n'ont pas du tout duré assez longtemps !

Nous sommes arrivés à Hobart le 25 décembre, et en ville bien sur tout était fermé. Pas à l'aéroport heureusement, où notre voiture de location nous attendait sagement. Une petite voiture (genre 307) mais avec tout le confort et même la boîte automatique, donc on a pu circuler librement (j'ai fait mes premiers kilomètres à gauche !) et s'organiser au fur et à mesure.

Comme la ville était toute morte, on a commencé par aller faire un tour sur le tout proche Mont Wellington, qui culmine à 1270 m et qui est souvent sous la neige, même en été (par exemple, il a neigé deux jours plus tard !). Après être monté tout en haut en voiture, on a pu profiter d'une magnifique vue sur Hobart et les baies et îles environnantes. En voilà un aperçu, avec nous deux en premier plan (vous avez vu comme on est beaux, avec nos vestes "Australia" achetées à Sydney ?)


Le lendemain, on a décidé de partir sur la "Tasman Peninsula", au sud-est de Hobart. Sur cette péninsule se trouve notamment l'un des plus importants sites historiques de la Tasmanie, le pénitencier de Port Arthur. Cet endroit est très célèbre ici, d'une part pour avoir accueilli les plus dangereux criminels mais aussi parce que la plupart des Australiens ont dans leurs ancêtres au moins un bagnard de cette époque !

Pour faire un peu d'histoire, l'Angleterre a colonisé l'Australie en même temps qu'elle y a vidé ses prisons. Le système carcéral avait pour objectif "de briser les brigands pour les transformer en honnêtes hommes". Cet ambitieux programme humaniste s'appuyait sur quatre "piliers" : morale, travail, éducation et punition. En tous cas, l'Angleterre du XIXe siècle a organisé des envois massifs de bagnards dont la force de travail était louée pour presque rien aux colons.
Voilà la vue qu'avaient les prisonniers en arrivant, avec l'île de la Mort (le cimetière) sur la gauche et Port Arthur au fond.


Les civils et les prisonniers vivaient presque ensemble, même si bien sûr les bagnards étaient reconnaissables par leurs uniformes jaunes et gris et leurs fers aux pieds. Finalement, Port Arthur était une ville-prison, sans vraiment besoin de murs autour. En effet, la péninsule, à l'époque couverte de forêts épaisses, n'est rattachée au continent que par un isthme très fin donc facile à garder. Les geôliers y avaient installé la "dog line", une longue chaîne où étaient attachés une vingtaine de chiens chargés d'aboyer au premier signe d'évasion. En bout de chaîne, certains des chiens étaient postés sur des pontons de bois, au cas où les requins ne soient pas suffisants pour pour décourager les candidats à une traversée à la nage (fers au pieds !)


Port Arthur a été entièrement construit par les bagnards, et si le temps et le feu sont passés par là, il reste encore beaucoup de bâtiments: sur la gauche la maison du gouverneur et sur la droite le dortoir principal (en ruine) et nous (en pleine forme).


Pour mater les forçats récalcitrants, il y avait une "prison séparée", basée sur l'isolement complet : pas le droit de parler, pas de contact avec les geôliers, plus de nom propre mais seulement un numéro de matricule, et l'obligation de porter une espèce de cagoule anonyme dans les rares situations "sociales". Le cassage psychologique a tellement bien marché qu'un asile psychiatrique a dû être construit juste à côté...

Sur cette photo nous voilà dans l'église de la prison séparée, où les forçats avaient la rare occasion d'entendre une voix humaine. Mais chacun était dans un compartiment individuel, d'où il ne pouvait voir que le prêtre et pas ses voisins. Pas question de discuter !


Pendant ces quelques jours sur la Tasman Peninsula, nous avons dormi dans un Bed and Breakfast très original : chacune des "chambres" était en fait une ancienne cabane de bush, qui avait servi à loger des travailleurs saisonniers, ramasseurs de pommes. Un vrai coin perdu, au milieu des bois d'eucalyptus.


L'intérieur était rustique, avec un petit feu de bois très agréable et une ambiance délicieusement kitsch.


Après l'Histoire, un peu de Nature. Nous avons commencé par une visite au "Tasmanian Devil Conservation Park". C'est un endroit sympathique, à mi-chemin entre un zoo et un centre de la S.P.A. Sa vocation principale est de protéger le Diable de Tasmanie dont voilà un charmant petit couple.


C'est aujourd'hui une espèce menacée, victime d'une mystérieuse épidémie de cancer. Les diables se transmettent la maladie par morsure et cela risque d'éteindre la race d'ici 10 ans. Donc dans ce centre, ils essayent de protéger des individus sains et ils font aussi mieux connaître les Diables au grand public. L'heure du repas est le moment le plus comique parce qu'ils se battent vraiment pour en avoir le plus possible, voilà d'ailleurs une démonstration en image.


Le parc est aussi un centre d'accueil pour les animaux blessés ou abandonnés. On en a donc appris un peu plus sur les oiseaux d'ici et entre autres, que les perroquets sont très intelligents et peuvent vivre jusqu'à 150 ans ! Il font des animaux de compagnie très appréciés, mais survivent souvent à leur propriétaire. La perruche rose de la photo ci dessous, elle aussi un ancien animal de compagnie, avait gardé le goût des gratouilles sur la tête, et elle en redemandait...

Le centre utilise aussi une pie et un corbeau pour ramasser les petits déchets laissés par les visiteurs et les amener dans la poubelle. Pour le show des oiseaux, un autre perroquet nous a fait la démonstration de prendre dans la main des spectateurs des pièces de 1 dollar. Mais quand il a commencé à les ramener dans le creux de la main des "donateurs", on a été médusé.


On est aussi allés voir de la vraie nature un peu plus sauvage. Il y a plein de zones inhabitées en Tasmanie, en particulier sur le bord de mer. Voilà une de nos vues pour le pique-nique du midi...

On a d'ailleurs décidé de profiter d'une croisière en éco-cruise (sans faire de mal à la planète) pour voir depuis la mer les magnifiques falaises qui bordent la côte. On est parti de la Baie des Pirates dans un jet boat, un espèce de hors-bord géant inspiré des bateaux inventés par l'armée pour les abordages en mer. Ils nous ont donné de grandes capes rouges pour résister aux éclaboussures dans les virages relevés, et effectivement, j'ai eu plusieurs fois l'impression d'être dans un grand huit !
Dès le début, entre 2 explications du capitaine et les exclamations des japonais on en a pris pleins les yeux. Il y a une incroyable diversité de roches et d'endroit fameux du genre "la cuisine de Diable", le "Trou qui souffle", ou "l'Arche de la Tasmanie". On a fait beaucoup de distance et on a profité pendant 3 heures : par exemple, sur la photo du dessous, on est allé jusqu'à la pointe tout au fond, et même bien plus loin.

Entre les rochers de gauche et ceux du fond, on a ralenti la cadence pour regarder les animaux. Le guide a d'abord poursuivi un Albatros énorme (on allait la même vitesse que lui, et ça décoiffe !), puis on est allé faire coucou à un banc de dauphins... Ça a été un moment absolument génial !
Un peu plus loin, on le bateau nous a amené juste devant un groupe de de phoques. Ils ne sont pas très cordiaux mais mignons quand même (de loin). Dans la photo ci-dessous, voici un clan en train de se faire dorer la pilule au soleil (et il y en avait encore trois fois plus dans l'eau).

Pour finir, on est passé près du lieu-dit du Totem (photo ci dessous). C'est un spot célèbre d'escalade dans cette hémisphère, qui nécessite 5h de marche d'approche, 10 minutes de rappel et 5h pour remonter... Mais le cadre est grandiose, et il y a même souvent des phoques et parfois des requins qui viennent frayer dans les eaux turquoises en dessous (ça doit aider à motiver).
Et voilà ! J'espère que cette première partie de l'histoire vous aura plu. J'ai du m'y reprendre à 2 fois (parce que j'ai louzé sur l'enregistrement le premier coup) et c'est long d'écrire des trucs intéressants... Je tiens à remercier Gyom pour sa coo-participation active. À bientôt pour la suite de nos aventures Tasmaniennes !